Le nord Vietnam – Des montagnes isolées aux baies touristiques

Nos visas en poche, nous passons la douane de l’aéroport d’Hanoï sans difficulté. Nous prenons un taxi qui nous mène dans le centre historique et c’est un choc : nous pensions que la circulation de Bangkok était chargée, ce n’était rien comparée aux rues d’Hanoï. Ici, des centaines de scooters se déversent dans les rues à chaque feu vert (quand il y a des feux), les klaxons fusent à un nombre par minute défiant le Tutti Frutti de Little Richard et le code de la route est entièrement réécrit à chaque intersection ! Chapeaux pointus et street kitchens sont bien au rendez-vous : nous sommes charmés. Nous avons passé 3 jours dans la capitale et avons pu visiter le quartier des 36 corporations en large et en travers, marcher sur le pont Long Biên (ouvert aux piétons et deux roues mais fermé aux voitures et camions car il lui manque quelques piliers !), dîner dans un restaurant gastronomique « Madame Hien ».

Nous avons également pris le temps de mettre à jour le blog et de préparer la suite de notre périple car nous avons exactement 3 semaines pour nous rendre à Ho Chi Minh et rejoindre l’orphelinat. Nous étions partis pour Sa Pa et le nord-est mais nous avons lu trop de commentaires sur le côté hyper touristique et avons finalement opté pour l’une des dernières zones préservées : la province de Ha Giang. Et nous n’avons pas regretté !

Arrivés à la ville d’Ha Giang, nous fonçons à l’agence de location de motos pour préparer le roadtrip : nous optons pour une location de 5 jours d’un 125 (nous avons longuement hésité à prendre deux motos plus petites mais l’avenir nous donnera raison, nous reviendrons là-dessus plus tard…). Nous passons une nuit sur place, chez le propriétaire de l’agence de loc, lea–nous finissons rincés à l’alcool de maïs et repus d’un repas à base d’une multitude de petits plats. Dès le lendemain matin, nous quittons Ha Giang à moto. Nous logeons chez l’habitant les 3 premières nuits et ce fut extraordinaire ! Le premier soir, nous sommes accueillis par Mister et Mrs Thang avec un dîner plus que généreux. La communication fut compliquée par les mots mais les gestes et les cul-secs d’alcool de riz nous ont vite rapprochés !!

Entre-temps, nous avions fait la rencontre de Delphine et Pablo, deux suisses en voyage en Asie, que nous avons convaincus de nous suivre pour Du Gia, ou nous avions prévu de passer deux nuits dans le but d’aller trekker. Zéro regret de ce côté là non plus : nous n’avons finalement pas marché toute la journée (mais nous avons déjà bien marché vous dirait Lea) car nous avons passé plus de deux heures au sein d’un village dans les montagnes, de la communauté « Hmong ».

Expérience assez incroyable : ils nous ont préparé le déjeuner (et ont égorgé la poule en direct) pendant que nous étions réunis autour du feu, épiés par les enfants, avant de nous envoyer la trilogie de Rambo sur la TV (oui même au fin fond du Vietnam, vous trouverez TV et Wifi !). La communication fut assez difficile car cette communauté ne parle ni l’anglais ni le Viêt… Notre guide devait attendre d’être avec le fils qui parlait le Viêt pour se faire comprendre. Nous avons terminé la rando par une descente le long des collines et de la rivière. Ici c’est les locaux qui se prennent en selfies… avec nous : nous sommes l’attraction ! En même temps, pas un seul touriste à l’horizon et on voit bien que peu passent par ici. Le lendemain, nous quittons les suisses pour remonter bien au Nord, là où il fait encore plus froid ! Nous avions rendu certaines affaires chaudes aux parents de Lea, à notre grand regret pendant ces quelques jours… Ici la route prend encore plus de hauteur, les vallées se rétrécissent et les points deviennent encore plus grandioses. Pour la dernière nuit, nous nous arrêtons à Dông Van, la grande ville du nord. Nous retrouvons les touristes, nous mangeons au restaurant et dormons dans un lit (et non un tatami)… Une sensation bizarre : est-ce la fin du roadtrip ou le retour aux touristes ? Nous avons fait l’aller retour jusqu’à la ville la plus haut nord du Vietnam, Lūng Cú, où nous avons tenté le diable et traverser la frontière chinoise pour quelques minutes. On est DINGUES ! De retour à Ha Giang, à 300 mètres de l’agence de loc, nous allons retirer du cash pour les jours à venir et là, c’est le drame. Léa, laissée seule 2 min 40 avec le scooter, se retrouve par terre, sous le scooter, gigotant comme un poisson rouge et se retrouve entourée par une dizaine de vietnamiens paniqués par les petits cris qu’elle pousse. Heureusement plus de peur que de mal : nous avons bien cassé un rétro mais Dame Dequesnes n’a que légèrement mal à la cheville et l’assurance couvre les dégâts. Finalement, nous repartons par bus de nuit jusqu’à Hanoï et enchaînons en bus – taxi – bateau pour rejoindre l’île de Cat Ba.


Nous arrivons de bon matin et prenons le temps de préparer tranquillement les deux jours prochains. Pour le premier jour, nous prenons le bus à 8h au port pour aller trekker dans le Parc National de l’île. La rando était sympa mais à vrai dire, nous nous attendions à quelque chose de différent : nous espérions surtout une vue ! Au centre d’une île entourée de magnifiques îlots, ça paraissait logique… Bon finalement, ce fut 3 heures de montées et descentes non-stop en plein milieu de la forêt, sympa mais ni vue ni animaux… Au sortir, nous avons déjeuné rapidement dans un boui-boui et foncé